Vin rouge Bordeaux : à savourer sans soif

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

“L’homme doit au vin d’être le seul animal à boire sans soif.” disaient les latins au faîte de leur apogée antique. On peut leur reconnaître une certaine sagacité en la matière, encore qu’ils n’aient pas été les premiers à domestiquer la vigne. Avec une histoire de près de six millénaires, la culture du vin peut difficilement être revendiquée comme le savoir-faire d’un pays ou d’une région unique.

C’est pourtant un fait établi que de nombreux vignobles peuvent s’enorgueillir d’une ancienneté indiscutable et d’une maîtrise forçant le respect. S’échiner dans la vigne au fil des siècles a ainsi permis l’émergence de véritables dynasties du vin, dont le nom fait saliver d’envie les connaisseurs émérites. Ô combien d’étoiles n’apparaissent-elles pas dans les yeux de l’amoureux des filtres de Bacchus à l’évocation de ces derniers !

L’instauration des Appellations d’Origine Contrôlée a encore renforcé la gloire des dénominations de chaque vignoble. L’unicité de chaque terroir, reconnue depuis des lustres par le biais de ses vins ambassadeurs, en a acquis davantage de visibilité, que ce soit dans le pays ou à l’international. Il n’y a qu’à se pencher sur les crus phares pour s’en convaincre.

Mentionner un vin rouge Bordeaux auprès de n’importe quel gourmet est l’argument propice pour obtenir ses faveurs. Passer d’un domaine à l’autre requiert du temps, de la patience et une passion sans bornes. Tester l’ensemble des crus sortis de ces chaix exceptionnels est une mission digne de ce nom, de celles dont on ne revient pas indemne, au sens où après cela tout autre vin semblera doucereux, pour ne pas dire insipide. Il y a là de quoi souder des amitiés inébranlables autour d’une table.

Si “le vin est le laid des vieillards”, il n’a en effet pas pour vocation de jouer la carte de la tendresse, au contraire! Qu’il ait du caractère est ce qu’on lui demande : si les amateurs de vin rouge voulaient un ersatz d’eau, ils se contenteraient d’aller au robinet et d’ajouter un sirop quelconque. On ne le boit pas à la légère, car ce n’est pas le vin qui enivre, c’est l’homme qui s’enivre. Il faut un certain savoir-vivre pour prétendre apprécier ses subtilités sans succomber à ses éventuels excès. C’est une question de tact et d’apprentissage, une lente maturation équivalente à celle se déroulant dans les tréfonds des caves.


Appréhender un verre de vin rouge Bordeaux, c’est prendre une goulée d’une histoire et d’un patrimoine dont on n’entrevoit qu’un mince filet teinte rubis, voué à disparaître dans l’obscurité du gosier. Avant de le boire sans soif, prendre le temps de l’observer, de le humer et de se nourrir de son histoire sera bien la moindre des choses.

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »