Du vin et des hommes

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L’une des images d’Épinal de la vieille France, souvent évoquée par la génération née dans les années soixante alors que les baby-boomers assuraient leur descendance, c’est la vision des anciens - les grands parents en l’occurrence - attablés autour d’une table surmontée d’une toile cirée avec une bouteille de vin posée dessus. D’autres alcools pouvaient éventuellement remplacer le breuvage dionysiaque, mais, dans la représentation collective, c’est bien celui-ci qui s’impose avec le plus de force.

Culture gastronomique oblige? Difficile de le déterminer, il faut bien l’avouer. Toujours est-il qu’on ne compte plus les plats à base de vin rouge ou de vin blanc parsemant nos livres de recettes. Forcément, mieux valait disposer d’une certaine quantité de vin à la maison.

N’allons toutefois pas croire que tout partait dans la consommation des ménages. Qu’une bouteille soit ouverte se voulait avant tout signe de convivialité à l’intention de la personne de passage. La tradition dite du “verre du facteur” a beau ne pas avoir perduré - encore que cela dépende des zones géographiques - l’invitation des agents municipaux à partager un verre pour la route durant le service a parfois la vie dure. Les agents recenseurs, lorsqu’ils rencontrent des personnes conciliantes ne leur fermant pas la porte au nez, peuvent en témoigner : il est souvent difficile de sortir des griffes amicales de leurs hôtes en train de leur servir un cru enivrant. Au moins cela est-il pour le meilleur de la sociabilité.

Quelques petits malins désignent le vin sous le terme de “lubrifiant social”, en cela qu’il délie les langues et fait jongler les esprits d’une rive à l’autre de la raison, annihilant les réticences et les inhibitions naturelles de chacun. Ce n’est pas pour rien si la vente de vin se porte bien, autant en France qu’à l’étranger!

Chose amusante d’ailleurs: il n’existe pas - ou alors très peu - de civilisation humaine qui, au cours de son histoire, n’ait mis en place un système de distillat ou de fermentation pour créer ses spiritueux. Si les techniques sont parfois occultées pour des raisons religieuses ou culturelles, celles-ci sont néanmoins connues et seul leur utilisation est prohibée.

Historiquement, il est en tout cas établi que, durant l’empire romain, il était presque impossible de trouver du vin rouge à Rome pour la simple raison que les Gaulois en importait des quantités surpassant la production des vignes romaines. Déjà la vente de vin faisait les beaux jours du commerce! Il est heureux que le savoir-faire de la vigne ait franchi les frontières depuis et se soit diffusé dans les régions françaises pour favoriser l’apparitions de grands crus aussi divers que variés. Ces trésors de vignes rapprochent les hommes, pour ainsi dire, depuis des temps immémoriaux.


Esprit du vin, esprit malin? Ça se discute. Au moins tenons-nous là l’excuse parfaite pour prendre, le temps d’un verre en bonne compagnie, une goulée de convivialité.

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